LOTUS XI EX 24H DU MANS
Vends Lotus XI ex 24h du Mans.
Le fondateur de Lotus, Colin Chapman, a formé une équipe de volontaires pour ‘aider à créer un modèle révolutionnaire pour 1956. Alors que les Lotus Marks 8, 9 et 10 de production étaient basées sur la Lotus Mark 6, la Eleven a été conçue à partir de zéro. Son plus proche ancêtre était la voiture de course d’usine Mk 9 du Mans, immatriculée XPE 6, un banc d’essai pour ce qui allait suivre. La Eleven utilisait un châssis en tubes d’acier avec des panneaux en aluminium. L’élégant châssis pesait moins de 30 kg. Il est propulsé par le nouveau moteur Coventry-Climax à quatre cylindres en aluminium, une conception à arbre à cames en tête avec un rapport poids/puissance impressionnant. Des freins à disque Girling étaient utilisés, et des pièces adaptées de toutes sortes de voitures anglaises de l’époque composaient le reste de la machine. Le véhicule était recouvert d’une étonnante carrosserie aérodynamique conçue par Frank Costin : fabriquée à la main en aluminium et articulée aux deux extrémités pour un accès facilité.
Les Lotus étaient considérées comme des voitures de course « scientifiquement conçues », chaque composant étant étudié pour obtenir une efficacité maximale pour un poids minimal.
La philosophie de Chapman visait à ce que chaque pièce remplisse au moins deux fonctions, sans que la masse ne soit supérieure à ce qui est absolument nécessaire pour assurer le travail. Les pilotes de course contemporains considéraient la Lotus comme LA voiture pour gagner des courses, même au risque de ne pas finir du tout.
Aux 24 heures du Mans, une équipe de trois voitures est engagée : la voiture de Reg Bicknell / Peter Jopp terminant septième au classement général et première de sa catégorie.
Cet automne-là, une Eleven spécialement carénée, pilotée par Stirling Moss et « Mac » Fraser, court à Monza et établit une série de records du monde de vitesse sur circuit fermé. La voiture de 1 100 cm3 a parcouru 100 km à 135 mph, avec un tour rapide de 143 mph.
Au cours de la saison 1956, les Elevens ont remporté au moins 148 victoires en course.
En 1957, avec plus d’une centaine d’Eleven en action dans le monde entier, la domination se poursuit. Les faits marquants ont commencé par une victoire de classe à Sebring par Chapman et Joe Sheppard.
Le point culminant de 1958 a été la victoire écrasante des Elevens dans leur catégorie à Sebring. Là, la voiture de Weiss/Tallaksen a terminé à une incroyable quatrième place au classement général avec seulement 1 100 cm3. Petit à petit, cependant, l’évolution rapide de la course a rattrapé la Eleven, et alors qu’elle était encore compétitive, Lotus a préparé un successeur. En 1959, la Lotus 17 est apparue, plus basse et plus légère, mais même elle ne parvenait pas à égaler la maniabilité et la vitesse globale de la Eleven.
La véritable remplaçante est finalement apparue en 1962 avec la brillante Lotus 23 faisant partie de la révolution du moteur arrière qui a mis fin à l’ère que la Eleven avait dominée.
Dans le monde entier, des dizaines de Lotus Eleven ont trouvé une nouvelle vie dans les courses de clubs amateurs et comme voitures « école ». Dans les années 1960, de nombreux pilotes ont goûté pour la première fois à la course au volant de l’un de ces vieux pur-sang.
Construite à 270 exemplaires entre 1956 et 1958, la Lotus Eleven était une synthèse de toute l’expérience et du savoir-faire de Colin Chapman au moment de sa sortie. Destinée aux courses d’endurance et de sprint pour petites voitures, cette nouvelle Lotus, qui introduit les noms en E, attire rapidement une clientèle de sportifs exigeants et de gentlemen drivers.
Chassis 515 – 24H du Mans 1958
En mai 1958, Lotus Engineering finalise la construction du châssis 515.
La Lotus XI est alors à l’apogée de sa maturité technique. Le châssis 515 est livré neuf à Bill Frost, propriétaire du concessionnaire Car Exchange à Brighton. L’auto est immatriculée 2411 HP. Sa configuration est explicite : spécification Le Mans Series 2, avec pare-brise haut et poupe “High Tail”, roues en magnésium et moteur Coventry Climax FWA n°7701 associé à une boîte MGA close ratio. Tout indique que la destination est déjà connue.
Quelques semaines plus tard, la Lotus est engagée aux 24 Heures du Mans 1958 sous le numéro 39, par Car Exchange. L’équipage réunit Bill Frost et Bob Hicks dans la catégorie très disputée des 1100 cm³.
L’édition 1958 est marquée par des conditions météorologiques particulièrement éprouvantes. Sous une pluie soutenue, la petite Lotus démontre l’intelligence de sa conception. Légère, précise, équilibrée, elle mène sa catégorie dans les premières heures de course. Mais la Sarthe reste imprévisible. Sur la ligne droite des Hunaudières, la voiture part à la faute dans des conditions d’adhérence précaires. Immobilisée, elle est ensuite percutée par une Alfa Romeo. Après trois heures d’épreuve, l’abandon est inévitable.
Les archives du Historic Lotus Register confirment formellement son identité : châssis 515, engagement Car Exchange, numéro 39, abandon après trois heures.
Comme beaucoup de voitures d’endurance de cette époque, la 515 ne disparaît pas après cet épisode. Elle retourne vraisemblablement à Brighton où elle est reconstruite. Des éléments laissent supposer qu’elle aurait pu courir à Goodwood peu avant Le Mans lors du Whitsun Meeting 1958, hypothèse cohérente avec l’activité de Bill Frost dans le Sussex, bien que cela reste à documenter définitivement.
Au fil des années, la voiture quitte le Royaume-Uni et traverse l’Atlantique. Dans les années 1980, elle appartient à Harold Phillip Javetz, à Savannah (Géorgie). Pilote amateur et collectionneur passionné, Javetz conserve la Lotus dans sa configuration d’époque. En 1985, la voiture apparaît dans la presse spécialisée américaine, notamment dans Thoroughbred & Classic Cars, où Innes Ireland est photographié aux côtés de la XI — moment fort qui contribue à raviver son passé manceau.
En 1988, la Lotus est vendue à Ed Henning, également aux États-Unis.
En 1991, le châssis 515 revient au Royaume-Uni entre les mains de Bill Harding. Cette étape marque un tournant : le Historic Lotus Register confirme officiellement son numéro de châssis, son immatriculation d’origine et sa participation aux 24 Heures du Mans 1958 sous le numéro 39.
La même année, la voiture est acquise par Carol Spagg. Inspectée et documentée par Graham Capel, elle reprend le chemin des circuits historiques britanniques et européens au cours des années 1990. Une correspondance de 1998 atteste de sa conformité FIA en configuration 1098 cm³.
En 2006, la XI 515 rejoint la collection d’un pilote amateur français. Elle participe notamment aux éditions Le Mans Classic 2008, 2014 et 2016, retrouvant le tracé qui l’avait vue s’élancer un demi-siècle plus tôt.
En mars 2022, la voiture est acquise par son propriétaire actuel.
Aujourd’hui, le châssis 515 conserve les éléments fondamentaux qui font son identité : sa configuration Le Mans “High Tail”, son moteur 1098 cm³, sa cohérence historique et une traçabilité continue couvrant plus de six décennies.
Le châssis 515 n’est pas simplement une Lotus XI.
C’est une voiture commandée neuve pour Le Mans, engagée dans l’une des éditions les plus difficiles de l’époque, reconstruite, préservée, transmise de passionnés en collectionneurs, puis revenue courir sur le circuit qui a façonné sa légende.
Elle a récemment été engagée par son actuel propriétaire au Mans Classic, à Goodwood ou en Gentlemen Challenge chez Peter Auto. Parfaitement entretenue avec un moteur tout juste refait et rodé au banc, conforme avec ses carburateurs Weber DCO3, elle incarne parfaitement l’esprit Lotus de la fin des années 1950 : intelligence technique, élégance mécanique et courage en piste.
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